Ils me rendent malade << Malade. a,n. B.1. Qui souffre d'une contrariété. 6.fam. En mauvais état, mal en point. >> Me rendent folle << 1. Fou. a, n. 3. Qui est hors de son état normal. >> Les nausées m'envahissent, le malaise se fait sentir, je suis follement malade ou malade de folie, peu importe. Ils m'ont changé contre mon grès, ils me bouffent de l'intérieur sans même s'en rendre compte, tandis qu'eux continuent à vivre leur train-train quotidien. Je souffre, je suis pleine de chagrin mais je continue à sourire. Sourire pour cacher mon mal-être, sourire pour ne pas inquiéter ceux à qui je tiens vraiment, sourire pour oublier ma tristesse, sourire pour un semblant de bonheur juste pour éprouver cette sensation l'instant d'un sourire. Mais qu'est-ce que sourire ? << 1. Sourire. vi. 1. Prendre une expression rieuse par un léger mouvement de la bouche et des yeux. >> Activer quelques muscles pour faire croire au bonheur mais je ne me sens pas mieux pour autant, je mens aux autres, je me mens à moi même mais je ne peux mentir à mon coeur qui lui continue à battre de douleur, de chagrin et de colère. << Colère. nf, a. A. nf. 1. Réaction violente et agressive dû à un profond mécontentement ; accès d'humeur. >> C'est ainsi que se définit le sentiment que j'éprouve, la colère une réaction violente. Pourtant je suis en colère mais je reste calme, inanimée, on me croirait presque sereine mais à l'intérieur je sens mon sang bouillir, mon coeur battre à tout rompre et toujours ce sourire et je reste toujours aussi calme. Ce calme qui me met en colère, qui me rend malade, folle, toujours ce calme qui donne l'impression de bonheur ou peut-être d'un "jemenfoutisme". Les gens me regardent souvent sans me voir ou sans faire vraiment attention, en réalité ça m'arrange, ils trouve normal ce sourire qui reste toujours à ma bouche, collé, accroché, fixé, cloué, qui ne peut être retiré. Ils se disent sans doute que je suis naïve, ou peut-être même niaise et moi je les regarde, je les écoute, je ris, je leur souris. Certains trouvent ce sourire touchant, d'autres naturel, ils ont tous tord. Aucun d'eux ne comprend que ce sourire est pour moi mille fois pire que les larmes, et plus je ris, plus mon coeur pleure, un sourire qui est comme une lame qui me mutile. Et je continue à souffrir, à crier de douleur dans la pénombre de mes pensées, sans que personne ne se doute de quoi que ce soit, sans que personne même ne le remarque, j' hurle pourtant à m'en casser la voix mais le monde autour de moi ne voit que mon sourire. Je continue à sourire à m'en décrocher la mâchoire malgré mes yeux rouges et les larmes qui coulent sur mes joues. Toujours ce sourire vide de toute émotion, vide de tout sentiment, mes yeux eux ne brillent plus, les étoiles qui s'y reflétaient ont disparus pour laisser place à l'amertume. << Amertume. nf. 2. fig. Aigreur, mélancolie dû à un sentiment de mécontentement, de déception. >> Dans "amertume" il y a "amer" c'est exactement un mot qui définirait ce que je ressens. Tout a aujourd'hui un goût amer, le petit-déjeuner du matin, les "je t'aime" de certains, comme si ma vie était déjà arrivée à sa fin. Mais je ne ne suis qu'à un quart de ma vie et je suis déjà lasse de cette vie, de ce quotidien trop monotone, de ces déjà-vus. Lasse de mon visage rieur, lasse de mon visage en pleure, lasse d'avoir toujours trop peur << Lassitude. nf. 1. Etat ou sensation pénible de fatigue physique. 2. Ennui, découragement ; abattement moral. >> Il me reste pourtant tant de choses à vivre, tant de paysages à découvrir, tant de visages à rencontrer au détour d'un chemin, tant d'amour à semer. Grâce à certains je trouverais le courage de me battre pour connaître cet avenir qui m'attend, je trouverais le courage pour combattre les peines à venir et je partagerais avec eux le bonheur de retrouver un véritable sourire.